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Philippe Michon

peintre cubiste (1925-1999)

Les Guitares qui Pleurent

Publié le 20 Avril 2017 par jean david michon in peinture, instrument de musique

huile sur papier 71 cm X 84 cm (1979)

huile sur papier 71 cm X 84 cm (1979)

Le principe selon lequel « la fonction détermine la forme » gouverne de façon générale la facture instrumentale. Ainsi, pour produire des sons agréables à l’oreille, les instruments à cordes et à percussion possèdent une caisse de résonance, construite selon des règles acoustiques ; de même les cuivres et les bois adoptent la plupart du temps la forme d’un tube auquel s'ajoute parfois un pavillon. Quand un facteur d’instrument s’écarte des configurations usuelles pour inventer un instrument de forme différente, c’est pour répondre à un contexte d’usage particulier ; ainsi en est-il des musiques rituelles de certaines cultures d’Asie ou d’Afrique qui ont recours à des instruments anthropomorphes. L'instrument de musique façonné à l'image de l'homme fait partie intégrante du rituel. Ainsi, les instruments de musique, outre leur fonction musicale, sont aussi des objets symboliques qui assistent le musicien dans les cérémonies religieuses. En Europe en revanche, c’est le goût pour le décor et le symbolisme qu’il transmet qui sont à l’origine de la représentation d’êtres humains et autres créatures sur les instruments. Les violes et harpes de l’époque baroque sont souvent ornées de têtes humaines. Les belles figures que l’on trouve sur certains instruments à cordes sont d’ailleurs pour la plupart féminines ; le corps d’une viole et la silhouette féminine sont en effet comparables...

La relation entre musique, musiciens et nature est un thème récurrent dans les mythologies du monde. C’est pourquoi l’on trouve des instruments anthropomorphes (l’instrument ou certaines de ses parties sont sculptés en forme d’être humain) ou zoomorphes (en forme d’animal). Si ces éléments sculptés possèdent une forte signification symbolique dans certaines cultures, ils ne constituent qu'un simple décor pour d’autres ; il en va ainsi des instruments européens fabriqués entre le XIVe et le XVIIe siècle.

Des survivances de l’analogie entre instrument de musique et corps humain ou animal se retrouvent dans le nom de certaines parties : pour les instruments à cordes, on parle de cordes attachées à la “tête”, elle-même rattachée au “corps” – c’est-à-dire la table d’harmonie – grâce au manche ; pour la flûte, la “tête“ est la partie où souffle le musicien, l’air traverse le “corps” et sort via le "pied" ; pour les tambours, c’est la peau qu’on appelle “tête”, cette dernière étant tendue par-dessus le “corps”. De plus, ce que le nom désigne (“tête”, etc.) est souvent représenté par une décoration sculptée dans la partie correspondante.

Les Guitares qui Pleurent
Les Guitares qui Pleurent
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